"Le maintien du Royaume-Uni dans l’UE serait très coûteux politiquement"

Céline Schoen, La Croix, 05.09.2016

Interview

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Alors que le Parlement britannique fait sa rentrée lundi 5 septembre, entretien avec Janis Emmanouilidis. Le directeur des études du European Policy Center, un laboratoire d’idées bruxellois, estime que si le Royaume-Uni reste dans l’Union, il a plus à craindre pour sa crédibilité que Bruxelles.

La Croix: Imaginons que le Royaume-Uni reste dans l’Union européenne, une hypothèse d’école. Serait-ce une bonne nouvelle pour Bruxelles ?

Janis Emmanouilidis: Il faut avant tout se demander quel processus aurait mené à cette décision. Il y a fort à parier que le chemin serait long, synonyme de multiples années d’incertitude. Ce serait très coûteux, politiquement et démocratiquement, pour l’UE. Surtout si cela vient aggraver les autres crises que traverse l’Europe.

La Croix: Et si rapidement, dans les prochains mois, Londres décide de rester ?

Janis Emmanouilidis: L’effet général serait moins négatif. Il pourrait même se révéler constructif pour l’UE car si le Royaume-Uni reste, il approuve de facto le modèle européen. Une grande histoire d’amour ne commencerait pas entre l’UE et les Britanniques ; ces derniers resteraient des partenaires spéciaux, mais ne remettraient plus en cause leur appartenance au système.

La Croix: L’Union européenne aurait-elle avantage à garder le Royaume-Uni en son sein ?

Janis Emmanouilidis: Elle n’aurait pas de quoi en tirer de la fierté mais le soulagement serait palpable. Décider de rester au sein de l’UE, c’est mettre fin à l’incertitude, qui est un poison dont il faut se débarrasser.

Cela étant, ce n’est pas Bruxelles qui a voulu jeter le Royaume-Uni dehors. L’UE n’aura pas de quoi triompher si le Brexit n’est pas mis en œuvre, mais la crédibilité des Britanniques en prendrait un gros coup.

La Croix: Comment les 27 autres États membres réagiraient-ils à un « non-Brexit » ?

Janis Emmanouilidis: Nous échapperions au grand jeu des accusations entre capitales européennes, se reprochant mutuellement d’avoir pris les mauvaises décisions. Les 27 verraient le Royaume-Uni préférer l’Union européenne à l’indépendance.

La Croix: Bruxelles pourrait-elle encore faire confiance au Royaume-Uni ?

Janis Emmanouilidis: Oui, et même encore plus qu’avant. Le Royaume-Uni ne s’est pas limité à débattre de son appartenance à l’UE, il est allé jusqu’à choisir de la quitter. S’il reste, il admet qu’il est mieux dans l’UE qu’en dehors. Cela donnerait de la force à Bruxelles. Dans dix ans, on pourra bien sûr s’attendre à de nouvelles remises en question de la part des Britanniques, mais pas tout de suite.

La Croix: Rester à 28, est-ce se priver d’approfondir la coopération dans certains domaines ?

Janis Emmanouilidis: Il est tout simplement faux de penser que si le Royaume-Uni quitte l’UE, elle pourra plus facilement coopérer en matière de sécurité ou de défense, par exemple. Il est trop facile de se cacher derrière un État, de lui jeter la pierre. Les problèmes en Europe ne viennent pas d’un seul pays. L’équation est plus complexe. À 27, l’UE n’est pas plus cohérente qu’à 28 !

La Croix: L’UE n’aurait-elle pas besoin d’un choc pour avancer, dont elle pourrait se sentir exonérée si le Brexit n’était pas effectif ?

Janis Emmanouilidis: Avec le vote du 23 juin, nous l’avons eu, ce choc ! C’est une véritable leçon. Mais je ne crois pas que nous soyons à la croisée des chemins. Je n’adhère pas à cette théorie très répandue du « momentum » qui se profilerait. Brexit ou pas, les crises en Europe, qui s’accumulent, sont loin d’être résolues.

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