Référendum grec : vous pouvez répéter la question?
Cédric Vallett, Libération, 03.07.2015
Quotes
Le texte sur lequel doivent se prononcer dimanche les électeurs grecs est complexe, voire ésotérique. Il reflète létat des discussions entre la Grèce et ses créanciers au 25 juin. Question posée : «Faut-il accepter le plan daccord soumis par la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) lors de lEurogroupe du 25 juin, qui est composé de deux parties : "Reforms for the completion of the current program and beyond" (Réformes pour lachèvement du programme en cours et au-delà) et "Preliminary debt sustainability analysis" (Analyse préliminaire de la soutenabilité de la dette).» Le gouvernement appelle à voter non. [...]
Lautre grand enjeu concerne les retraites. «Les citoyens grecs saccordent en majorité à dire quil faut réformer le système, le tout est de savoir comment», pense Janis Emmanouilidis, du think tank European Policy Center. Selon les estimations (de lOCDE ou dEurostat), le système de retraite pèse entre 15 % et 17 % du PIB grec. Il a déjà été réformé ces dernières années. Aujourdhui, il faut travailler quarante années pour toucher une retraite à taux plein. Lâge légal de départ à la retraite est de 62 ans. Les institutions suggèrent quil soit repoussé à 67 ans. Ce qui a crispé les négociateurs, cest lEkas, cette prime de solidarité accordée aux retraités les plus pauvres. Les créanciers aimeraient la supprimer dici à 2019, ce que ne souhaite pas le gouvernement grec. Enfin, les départs en préretraite grèvent le budget de lEtat. Différents régimes permettent à plus dun salarié sur deux de quitter le travail avant 61 ans. Là aussi, des réformes sont attendues. [...]
Etrange. Enfin, les institutions créancières proposent de baisser de 400 millions deuros le budget de la Défense, contre 200 millions proposés par la Grèce. Ce budget représentait, en 2014, 2,2 % du PIB. Un pourcentage parmi les plus élevés dEurope. Ces mesures, parmi dautres, sont censées permettre à la Grèce de dégager un surplus primaire (sans compter les intérêts de la dette) de 1 % en 2015, et jusquà 3,5% en 2018. Mais ce vote reste très étrange puisque le texte de négociation nest plus valide. «Cela na pas de sens dévoquer cette proposition, estime Emmanouilidis, elle nest plus une base de discussion. Faire croire le contraire, cest tromper les Grecs.»
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