La dette grecque amputée, l’Europe soulagée

Richard Werly, Le Temps, 10.03.2012

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La dette grecque amputée, l’Europe soulagée L’accord historique survenu entre Athènes et ses créanciers privés donne à la zone euro un premier répit depuis l’éclatement de la crise grecque […]

Second plan d’aide lancé

La Grèce a besoin de faire face à ses échéances – dont une de 20 milliards à la mi-mars – sans recourir aux marchés financiers qui ne lui font plus confiance. La zone euro, pour cela, a débloqué un second plan d’un montant total de 130 milliards d’euros, pour couvrir ses besoins en capitaux jusqu’à fin 2014. 35,5 milliards ont déjà été sortis vendredi sous forme de garanties aux banques ayant accepté la décote, afin que celles-ci puissent continuer de se refinancer auprès de la Banque centrale européenne. Plus de 90 milliards d’euros suivront la semaine prochaine, dont une partie déboursée par le Fonds monétaire international, qui se réunira à ce propos le 15 mars. Problème: cet apport censé permettre à la Grèce de réduire sa dette actuelle de 160% du PIB à 120,5% en 2020 sera insuffisant. Tant que l’économie hellénique sera enlisée, les marchés jugeront son fardeau de dettes insupportable. «La confiance dans la Grèce ne reviendra pas avec ce seul effacement de la dette privée», pronostique à Bruxelles l’économiste Janis Emmanouilidis.

Economie encore en crise

«Le processus européen, long et difficile, a permis aux détenteurs d’obligations grecques de se préparer sur le plan comptable et psychologique. Ils ont pu gérer techniquement cette échéance», juge Carol Sirou, de Standard & Poor’s, au moment où une autre agence de notation, Fitch, a placé la Grèce en situation de «défaut partiel». «Pour l’heure, ajoute-t-elle, la crainte majeure de l’effet contagion dû à un défaut grec désordonné a été canalisée.» Mais en Grèce, tous les feux restent au rouge ou presque. Et la situation politique est délétère. Le premier ministre Lucas Papadémos est en sursis. Des élections sont attendues fin avril. La dynamique de réformes est réelle mais la capacité d’absorption du pays est limitée. «La Grèce garde au-dessus de la tête une redoutable épée de Damoclès, poursuit Janis Emmanouilidis. Elle a, plus que jamais, besoin de stimulateurs économiques extérieurs.» Les uns parlent de «plan Marshall». La Commission européenne a, elle, présenté un plan d’urgence de soutien aux PME et une réallocation massive des fonds structurels.

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